Texte tiré du livre Dossier Pollution écrit par Marcel Chaput et Tony le sauteur, cette introduction du livre nous fait réfléchir à ce que nous vivons et ce que nous allons vivre. Le texte date un peu donc ça marche pas partout mais lisez quand même
Les pionniers du siècle dernier, qui ont amorcéla révolution industrielle, n'anticipaient certes pas un tel dénouement tragique de leur oeuvre. Armés de la meilleure des accréditations-le progrès-ils avaient entrepris de donner au monde le plus grand bienfait-le Bonheur. Comme Dame Science était de la fête, le monde, rassuré, ne posa pas de questions. La Science étant infaillible, le Progrès ne pouvait faire fausse route.
Aujourd'hui dernière saison du millinaire avant l'an 2000, nétrospective d'un siècle et demi de technologie en liberté prend figure d'un champ de bataille. Le Pouvoir ayant ignoré les appels à la dépollution de l'environnement, la jeunesse, qui veut vivre, se voit dans l'obligation de renverser l'Idoleaux parfums si délétères.
Le 20e siècle débouche sur l'un des avenirs les plus sombres de l'histoire. Cette année, ce ne sont pas les guerresqui ensanglantent l'humanité Cynique paradoxe, jamais la paix n'a été plus universelle. Nulle part sur terre l'on ne déplore de batailles armées entre nations. Pourtant les fumées acres des cheminées d'usines ont fait place aux fumées acres des cheminés d'usines qui brulent. Et comme pour associer dans un même enfer les éléments putrides d,un environnement désormais invivable, les sapeurs-pompiers tentent d'éteindre les brasiers géants au moyen d,une eau gluante qui ne saurait plus servir à d'autres fins.
Dans les rues de la ville, les restes de végétation portent les marques d,une nature mourante. Le bruit infernal des véhicules a multiplié depuis longtemps le nombre des déséquilibrés mentaux. Même les mieux-portants étalent sur leur face terreuse les séquelles de l'empoisonnement chronique qu'ils n,ont pu éviter. Les moins forts ont déja succombé, ne laissant qu'une jeunesse amoindri et désespérée pour refaire la civilisation.
Malheureusement, il n'y a qu,un seul remède pour cette jeunesse qui entend vivre : la guerre a l'industrie, devenue indigne distributrice d'une technologie inhumaine. Seul espoirde survivancede l'humanité, la jeunesse s'est vue acculée à la nécessité inévitable de choisir entre la survie de l'homme ou la technologie polluante. Un seul choix possible : assassiner le progrès avant que celui-ci ne l'assassine.
C'est pourquoi en cette fin des années 1999, alors que la terre entière anticipait depuis longtemps decélébrer, dans une fraternité sans égale, le passage d'un millénaire à l'autre, les usines en flambent dans un décor apocalyptique où les hordes déchaînées s'apprêtent à raser la terre infecte que les générations précédentes leur ont léguée.
Puisse-t-il rester quelques fleurs sauvages, sinon pour perpétuer leurs espèces, du moins pour en faire un modeste bouquet à déposer sur la tombe de la civilisation industrielle qui a refusé de comprendre.